Le LMNP en station de ski se déclare comme une location meublée. En pratique, vos loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, et le statut LMNP dépend du niveau de recettes du foyer fiscal. (service-public.fr)
La vraie différence, en 2026, tient surtout au classement du logement, au plafond du micro-BIC et aux formalités locales. Pour un meublé de tourisme classé, l’abattement et le plafond ne sont pas les mêmes que pour un logement non classé, et le régime réel peut devenir plus intéressant dès que les charges pèsent lourd.
LMNP en station de ski : le cadre fiscal à retenir
Selon la fiche Service-Public sur les revenus d’une location meublée, le LMNP s’applique tant que vous restez dans une logique non professionnelle. La règle à surveiller est simple : l’activité est considérée comme professionnelle si les recettes annuelles du foyer dépassent 23 000 € et excèdent les autres revenus d’activité du foyer.
Autrement dit, le fait que le bien soit en station de ski ne crée pas un régime fiscal à part. Ce sont les règles classiques de la location meublée et du meublé de tourisme qui s’appliquent.
Les repères fiscaux à retenir
| Point clé | Règle | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Statut LMNP / LMP | Vous restez LMNP si les recettes du foyer restent sous 23 000 € ou si elles restent inférieures aux autres revenus d’activité du foyer. | Si les deux conditions sont dépassées, le statut peut devenir LMP, avec un traitement fiscal différent. |
| Micro-BIC | Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le micro-BIC s’applique jusqu’à 77 700 € pour un meublé de tourisme classé ou une autre location meublée, et jusqu’à 15 000 € pour un non classé. | Au-delà, vous sortez du forfait micro et devez envisager le réel. |
| Abattement | Le forfait est de 50 % pour les meublés de tourisme classés et les autres locations meublées, et de 30 % pour les meublés de tourisme non classés. | Au micro, aucune charge n’est déduite en plus. |
| Début d’activité | La déclaration se fait dans les 15 jours du premier jour de location pour obtenir un SIRET. | La mise en location est formalisée avant les déclarations fiscales. |
| Déclarations fiscales | En micro-BIC, les recettes passent par la 2042-C PRO ; au réel, vous déposez une liasse 2031 au SIE compétent. | Le régime choisi détermine la forme de votre déclaration annuelle. |
Le plafond LMNP/LMP de 23 000 € ne doit pas être confondu avec le plafond du micro-BIC. Ce sont deux mécanismes différents : l’un sert à qualifier l’activité, l’autre à savoir si vous pouvez rester au forfait ou passer au réel.
Si votre activité de courte durée dépasse 23 000 € de recettes annuelles, vérifiez aussi les cotisations sociales.
Micro-BIC ou réel : comment choisir pour un bien en station ?
En station, le micro-BIC reste attractif pour sa simplicité, mais il interdit la déduction des charges réelles. À l’inverse, le régime réel permet de déduire les charges effectivement supportées et, sous conditions, l’amortissement du bien et du mobilier. Si vos charges dépassent l’abattement forfaitaire, le réel mérite un calcul précis.
Pour faire le point poste par poste, ce guide sur les charges d’un appartement loué en station aide à lister les bons postes, sans oublier les frais de gestion et les charges de copropriété.
Au régime réel, la page impots.gouv.fr consacrée à la location meublée précise que vous devez tenir une comptabilité conforme et déposer une liasse 2031 au service des impôts des entreprises compétent.
En LMNP réel, les déficits se reportent uniquement sur des bénéfices LMNP pendant dix ans. C’est un point qui peut changer l’arbitrage pour un bien de montagne très chargé.
Si vous hésitez encore entre les deux régimes, notre comparatif micro-BIC ou réel pour louer à la montagne peut vous servir de base de réflexion.
Abattement LMNP en station de ski : combien reste imposable ?
Selon la page impots.gouv.fr sur les régimes d’imposition, pour les revenus 2025 déclarés en 2026, l’abattement forfaitaire est de 50 % pour les meublés de tourisme classés et les autres locations meublées, contre 30 % pour les meublés de tourisme non classés. L’ancien duo 71 % / 50 % ne vaut plus que pour les revenus 2024.
Au micro-BIC, cet abattement représente toutes vos charges. Vous déclarez donc les recettes brutes, charges locatives comprises, puis l’administration applique automatiquement le forfait.
Si vous lisez encore 71 % pour un classé ou 50 % pour un non classé, c’est l’ancien barème des revenus 2024 : pour la campagne 2026, ces chiffres ont été abaissés. (impots.gouv.fr)
En clair, si votre logement de station est classé, vous conservez un abattement plus favorable que si vous restez en non classé. C’est souvent un point décisif au moment de faire classer le bien.
Déclarations, SIRET et fiscalité locale : les obligations à ne pas oublier
Les formalités comptent autant que le choix du régime. Voici les points à sécuriser dès le départ.
- Déclarez votre début d’activité. Vous devez signaler la création ou le démarrage de l’activité dans les 15 jours du premier jour de location pour obtenir un SIRET. La procédure officielle de déclaration d’activité passe par le guichet des formalités des entreprises.
- Déclarez le meublé à la mairie. Selon la commune, il faut remplir le Cerfa ou utiliser le téléservice communal. Depuis le 20 mai 2026, toutes les mairies doivent proposer une procédure d’enregistrement, et certaines communes exigent aussi une autorisation de changement d’usage. La déclaration en mairie d’un meublé de tourisme reste la base. (service-public.fr)
- Reportez vos recettes sur la bonne déclaration. En micro-BIC, les recettes vont sur la 2042-C PRO ; au réel, vous déposez une liasse 2031 au SIE compétent. La page impots.gouv.fr dédiée à la location meublée détaille les cases à renseigner.
- Gérez la taxe de séjour. Quand votre commune ou votre EPCI l’appliquent, vous devez collecter la taxe auprès du client puis la reverser, sauf si la plateforme d’intermédiation s’en charge. (service-public.fr)
- Anticipez la CFE. La location meublée est en principe soumise à la CFE, avec des exonérations possibles selon les cas et les décisions locales. (impots.gouv.fr)
- Ne négligez pas les clients étrangers. Si le locataire n’est pas français, vous devez lui faire remplir une fiche de police et la conserver six mois.
- Surveillez les cotisations sociales. En location meublée de courte durée, des cotisations sociales peuvent s’ajouter au-delà de 23 000 € de recettes annuelles.
Si votre bien est en copropriété, la vigilance doit être encore plus grande. (service-public.fr)
Station de ski, copropriété et meublé de tourisme : les points de vigilance
En copropriété, le règlement s’impose aux copropriétaires et à leurs locataires, et les règlements établis depuis le 21 novembre 2024 doivent mentionner explicitement l’autorisation ou l’interdiction de louer en meublé de tourisme. Lorsqu’un lot est déclaré en meublé de tourisme, le copropriétaire doit aussi en informer le syndic, qui inscrit un point d’information à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale. Le règlement de copropriété expliqué par Service-Public aide à vérifier ce point avant publication.
C’est précisément l’un des sujets abordés dans ce point sur la loi Le Meur en station en 2026.
Côté performance énergétique, le maire peut demander à tout moment le DPE du meublé de tourisme ; si le logement ne respecte pas les niveaux de décence énergétique prévus par le texte, l’amende administrative peut aller jusqu’à 5 000 € par local. Ces règles sont programmées pour entrer en vigueur au 1er janvier 2034, sauf pour la résidence principale. (legifrance.gouv.fr)
Pour faire le point sur ce sujet en montagne, notre guide DPE et meublé de tourisme en montagne détaille les cas courants.
Enfin, la taxe de séjour s’applique très souvent dans les communes de montagne : le client la paie, puis vous la reversez, sauf si la plateforme la collecte à votre place.
Si votre bien est dans les Hautes-Alpes, ce mode d’emploi pour déclarer un meublé de tourisme à Risoul ou Vars peut vous éviter une erreur de départ.
FAQ sur le LMNP en station de ski
Quelles sont les conditions pour bénéficier du LMNP en station de ski et quel abattement s’applique ?
Pour être en LMNP, vos recettes doivent rester sous les deux conditions rappelées par l’administration : moins de 23 000 € pour l’ensemble du foyer fiscal, ou un montant inférieur aux autres revenus d’activité du foyer. En micro-BIC, un meublé de tourisme classé ou une autre location meublée bénéficie d’un abattement de 50 %, tandis qu’un meublé de tourisme non classé tombe à 30 % pour les revenus 2025 déclarés en 2026.
Quelles obligations déclaratives et fiscales spécifiques pour un LMNP installé en résidence de ski ?
Il faut d’abord déclarer le début d’activité et obtenir un SIRET, puis déclarer le meublé en mairie, soit par Cerfa soit via le téléservice communal. Le nom de l’outil local change d’une commune à l’autre, mais l’obligation reste la même. Si la commune délivre un numéro d’enregistrement, il doit figurer sur vos annonces et réservations. Ensuite, vous reportez vos recettes sur la 2042-C PRO en micro-BIC, ou vous déposez une liasse 2031 au réel.
Le régime micro-BIC LMNP offre-t-il un abattement de 50 % en station de ski et dans quelles conditions ?
Oui, mais seulement si votre logement entre dans les cases prévues par les textes. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le micro-BIC donne 50 % d’abattement pour les meublés de tourisme classés et les autres locations meublées, et 30 % pour les meublés non classés. L’ancien niveau de 71 % ne vaut plus pour cette campagne. Au micro, vous ne pouvez pas ajouter vos charges une à une.
Comment savoir s’il est préférable de rester en LMNP micro-BIC ou basculer au réel pour une location en station de ski ?
Le meilleur indicateur est le niveau de charges. Si vos dépenses réelles, vos travaux, vos intérêts d’emprunt, vos frais de gestion et l’amortissement du bien dépassent le forfait du micro-BIC, le réel devient souvent plus pertinent. Le micro est plus simple, mais il ne permet pas de déduire les charges au fil de l’eau.
Les particularités liées aux résidences de tourisme en station de ski impactent-elles le plafond de recettes LMNP et les impôts ?
Non, la station de ski ne crée pas un plafond LMNP distinct. Ce qui compte, c’est d’abord le statut LMNP/LMP à 23 000 € et, séparément, le plafond du micro-BIC lié au type de location : 77 700 € pour un meublé de tourisme classé ou une autre location meublée, 15 000 € pour un non classé. En revanche, le classement influence bien l’abattement et certaines obligations locales.
Et maintenant ?
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